Concert le samedi 14 mars 2015 à l’église d’Auvers sur Oise

L’Ensemble Vocal de Pontoise vous donne rendez-vous à l’église d’Auvers sur Oise le samedi 14 mars 2015 à 20h30 pour un concert autour des Sept Paroles du Christ en Croix de Charles Gounot sous la direction de Lise Mancin et avec l’accompagnement d’Olivier Finot.

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C’est en juillet 1855 que Charles Gounot écrit, en quelques semaines, Les Sept Paroles de Jésus-Christ sur la Croix, publiées sans délai chez Lebeau, ornées d’une dédicace à Mgr Sibour, Archevêque de Paris. On ignore si ce dernier en fut le commanditaire. C’est en tout cas une oeuvre d’une grande science harmonique et contrapuntique, dont il semble peu probable qu’elle pût alors être chantée par des chœurs ordinaires. Les musicologues se plaisent volontiers à penser qu’elle eût pu connaître pour sa création des interprètes fort expérimentés comme peut-être les chanteurs de Notre Dame de Paris…

Pourtant rigoureusement contemporaine de l’écriture infiniment solennelle de la Messe en l’honneur de Sainte Cécile, datant elle aussi de 1855, cette pièce est d’allure presque archaïque, et d’une exemplaire sobriété. Les divisions des voix y créent des effets sonores extraordinairement variés. Alternent très heureusement homophonie et imitations, tout au cours d’une sorte de récitatif ininterrompu très original, au sein duquel affleurent à peine quelques mesures d’arioso, notamment pour les mots du Christ lui-même. Le texte latin de la Vulgate, emprunté tour à tour à Matthieu, Luc, Marc ou Jean y est traité sans dramatisation spectaculaire. Le raffinement des atmosphères y est cependant tout à fait saisissant dans sa concision quasi lapidaire, y compris dans le double-chœur conclusif sur « Père, je remets entre Tes mains mon esprit », qui émeut par sa luminosité quasi surnaturelle et l’expression de confiance qui s’en dégage.

Prologue, Luc XXIII, 28, Grave, Moderato
Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais
pleurez sur vous et sur vos enfants.
Et ils arrivèrent à ce lieu appelé Calvaire
où ils crucifièrent Jésus.
Matthieu XXVII, 39 – Luc XXIII, 34, Allegro
Les passants l’injuriaient ; ils hochaient la tête. Mais
Jésus disait : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent
pas ce qu’ils font. »
Luc XXIII, 39, 42-43
Or, l’un des brigands, crucifié près de lui, dit à Jésus :
« Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton
royaume. » Et Jésus lui répondit : « En vérité, je te le
dis : aujourd’hui même, tu seras avec moi au Paradis. »
Jean XIX, 26, 27
Voyant sa mère, et, debout près d’elle, le disciple qu’il
préférait, il dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Ensuite il dit au disciple : « Voici ta mère. »
Matthieu XXVII, 45-46 – Marc XV, 33-34, Adagio
Les ténèbres se firent sur toute la terre. Vers la neuvième
heure, Jésus s’écria d’une voix forte : « Eloï, Eloï, lamma
sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, Mon Dieu,
pourquoi m’avez-vous abandonné ? »
Jean XIX, 28
Ensuite, sachant que tout était déjà consommé, et afin que
s’accomplisse pleinement la prophétie, il dit : « J’ai soif. »
Jean XIX 29-30, Modéré
Il y avait là un vase rempli de vinaigre. Les soldats
emplirent donc de vinaigre une éponge qu’ils fixèrent à
une tige d’hysope ; ils l’approchèrent de sa bouche. Quand
Jésus eut pris le vinaigre, il dit : « Tout est accompli. »
Luc XXIII, 46, Adagio
« Père, je remets mon esprit entre tes mains. »